Approche amicale de l’éducation canine

Selon moi éduquer un chien est un acte qui doit se faire dans la confiance mutuelle maître-chien et dans le respect de ce qu’exprime le chien, à travers son corps et ses comportements. L’observation du chien est primordiale. Un chien qui est affamé, qui a peur, qui est stressé ou malade ne sera pas disponible émotionnellement pour apprendre de nouveaux comportements. Pour optimiser les capacités d’apprentissage d’un chien, il faut avant tout veiller à répondre à ses besoins vitaux : manger, boire, dormir suffisamment, faire ses besoins, avoir des contacts sociaux avec les congénères et les hommes.

L’éducation du chien doit également se faire dans la douceur et non par la contrainte physique ou la force. Il ne s’agit pas d’être permissif avec l’animal mais de lui apprendre les bonnes habitudes et les comportements acceptés par l’homme de façon positive. On veillera alors à récompenser les bons comportements et à prêter une attention moindre aux comportements gênants. De plus, il est important de limiter les expériences négatives avec le chien. Un chien est capable d’associer très rapidement son maître à une expérience négative, et il faut être conscient que l’accumulation d’interactions négatives peut entraîner une détérioration de la relation maître/chien.

Pour aborder la relation avec le chien, il est primordial d’être sensibilisé aux lois de l’apprentissage et de comprendre la façon dont les chiens apprennent.

Comment les chiens apprennent-ils ?

Les chiens apprennent par associations et répétitions. Ils sont capables de faire le lien entre leur comportement et ses conséquences sur la réponse de l’environnement, qui les entoure. En effet cette réponse de l’environnement peut être agréable, désagréable ou neutre. Ainsi si le comportement du chien lui apporte une réponse agréable de l’environnement (une récompense), il aura tendance à reproduire et augmenter le comportement produit pour voir apparaître la récompense le plus souvent possible. En revanche, si la réponse de l’environnement est désagréable (une punition), le chien aura tendance à arrêter son comportement et cherchera à en proposer un autre, qui lui évitera une réponse désagréable de l’environnement. Enfin, si la réponse de l’environnement est neutre : dans un premier temps on verra le comportement du chien augmenter, puis finalement diminuer, jusqu’à s’éteindre progressivement.

De plus, les chiens ont besoin de répéter plusieurs fois un comportement pour que celui-ci devienne une habitude et entre dans leur quotidien. Ainsi plus le maître fera répéter un comportement positif à son chien, avec une récompense, plus il y a de chance que le chien répète ce comportement dans le temps.

Il est important de savoir que le chien produit toujours ses comportements selon 2 options :

  • Qu’est-ce que je peux faire pour obtenir ce que je désire ? pour ne pas perdre ce dont je dispose déjà ?
  • Qu’est-ce que je peux faire pour éviter ce que je ne veux pas ?

Le chien n’est pas capable de distinguer le bien et le mal et n’a pas non plus conscience de la notion de culpabilité. Il produit toujours un comportement pour obtenir quelque chose ou au contraire pour l’éviter. C’est pourquoi lorsqu’un chien continue à produire un comportement indésirable pour le maître, il faut se demander si le comportement n’a pas été inconsciemment récompensé au préalable. Prenons comme exemple le chien qui saute constamment pour dire bonjour. Lorsque le chien saute, il demande de l’attention à la personne à qui il s’adresse (qu’on lui parle, qu’on le caresse, qu’on s’occupe de lui). Ainsi si la personne répond à la demande du chien par des caresses, le chien comprend que sauter lui permet d’être caressé. La personne renforce le saut, sans le vouloir. Le chien continuera donc à sauter pour obtenir de l’attention.